Page:Jodelle - Les Œuvres et Meslanges poétiques, t. 1, éd. Marty-Laveaux, 1868.djvu/181

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d’Roine,
Celle là qui guidoit
Ton compagnon Antoine,
Et par tout commandoit,
Heureuse se vient dire,
Si tu voulois l’occire.

Antistrophe.
Las, helas ! Cleopatre,
Las, helas ! quel malheur
Vient tes plaisirs abbattre,
Les changeant en douleur ?
Las, las, helas, (ô Dame),
Peux tu souffrir ton ame ?

Strophe.
Pourquoy, pourquoy, fortune,
O fortune aux yeux clos,
Es tu tant importune ?
Pourquoy n’a point repos
Du temps le vol estrange,
Qui ses faits brouille et change.

Antistrophe.
Qui en volant sacage
Les chasteaux sourcilleux,
Qui les princes outrage,
Qui les plus orgueilleux,
Roüant sa faulx superbe,
Fauche ainsi comme l’herbe ?

Strophe.
A nul il ne pardonne,
Il se fait et deffait,
Luy mesmes il s’estonn