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mémoire sur l’atlantide.

princes et des héros barbares. En voici la cause : Solon, lorsqu’il s’occupait à mettre leur histoire en vers, chercha à découvrir la valeur et la signification de leurs noms[1], et il s’aperçut que les habitants de Saïs, qui avaient écrit les premiers sur ce sujet, avaient fait de ces noms des noms égyptiens. Il crut être autorisé à prendre la même liberté, et à faire de ces noms des noms grecs, en en conservant la signification. Mon aïeul les avait mis en écrit ; mais moi je ne pourrai que vous les répéter de mémoire, autant que me le permettra le long temps qui s’est écoulé depuis mon enfance. Si donc vous voyez des princes et des rois Atlantes revêtus de noms grecs, ne vous en étonnez pas, vous en savez la raison.

« J’aurais besoin d’un long discours, s’il fallait reprendre dès l’origine ce que je vous ai dit par rapport à notre patrie, du partage de la terre entre les différentes divinités, d’abord en parts plus grandes, ensuite en parts plus petites, suivant que le nombre des dieux augmentait[2], et comme ils se firent élever des temples et établir des sacrifices en leur honneur. Neptune, ayant eu pour sa part l’île Atlantide, eut des enfants d’une femme mortelle ; et cela arriva de cette manière : l’île, qui était sans montagnes le long de la mer, renfermait dans son milieu une plaine qu’on rapporte n’avoir jamais eu son égale pour la beauté et pour la fertilité. Près de la plaine, à cinquante stades de distance, mais toujours vers le milieu de l’île, était un mont peu élevé, ce

  1. On doit se rappeler que, chez les Anciens, tous les noms propres, même ceux de peuples, avaient une signification tirée des qualités morales et physiques de ceux qui les portaient, ou de quelque circonstance de leur vie. Voyez les noms grecs et romains, ceux des nations Celtes, et même, maintenant, ceux des peuples sauvages de l’Afrique et de l’Amérique.
  2. Ce passage ne nous rappelle-t-il pas le partage de la terre entre les enfants de Noé, et les divisions successives de territoire que l’augmentation des familles dût amener ? Voyez Genèse, chapitre X.