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mémoire sur l’atlantide.

d’ailleurs que de preuves physiques, que de témoignages nombreux de savants et de voyageurs se réunissent pour nous faire voir, dans ce vaste espace dont nous parlons, les débris d’un immense continent, détruit par quelque convulsion violente de la nature, convulsion dans laquelle l’eau et le feu ont employé leur pouvoir dévastateur ! Quel aspect nous présentent ces îles diverses ! Des montagnes dont la hauteur prodigieuse est hors de proportion avec l’étendue de ces îles, un terrain volcanisé, bouleversé par des tremblements de terre, souvent soulevé par des feux souterrains, sillonné par de longues et effrayantes anfractuosités, présentant des couches de lave amoncelées. De loin en loin, on voit encore fumer des volcans en action, dont les éruptions assez fréquentes portent partout sur ces rivages la terreur et l’effroi. Mais ce terrain n’est pas partout volcanique : on trouve dans presque toutes les îles des débris de roches primitives, le granit, la siénite, et autres indices frappants d’un terrain primitif.

Voilà l’aspect général que présentent les Açores, les Canaries et le Cap-Vert. Toutes les relations des voyageurs, tous les rapports des géologues sont unanimes à nous les représenter sous cet aspect.

Le groupe des Açores en particulier qui devait former l’extrémité de notre Atlantide offre les débris d’une terre violemment bouleversée et abîmée en grande partie. Un foyer volcanique y a exercé les plus grands ravages : des cratères

    elle faisait partie. Ce devait être une des Canaries (Livre VI, ch. 31).

    C’est sans doute de notre ancienne Atlantide, qui en occupait une grande partie, que la mer Atlantique a reçu son nom, qu’elle porte depuis l’antiquité la plus reculée, et non du mont Atlas, qui ne la borde que dans une faible étendue de côtes et à son extrémité occidentale. C’est l’opinion de Citri, traducteur de Zarate, auteur espagnol d’une histoire de la découverte et de la conquête du Pérou, et nous l’admettons volontiers (Voy. tom. I, Discours préliminaire).