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mansio ou hospitale au lieu de domus, villa au lieu de urbs, etc.

Parmi les verbes on peut citer cambiare au lieu de mutare, desiderare au lieu de optare, adjutare au lieu de adjuvare, carricare au lieu de onerare, cooperire, deoperire pour aperire, minare[1] pour ducere, etc.

En syntaxe la conjonction quod est employée dans les phrases où le latin classique mettait l’infinitif avec un accusatif sujet : credo Deum esse sanctum devient en latin vulgaire : credo quod Deus est sanctus.

Le français dérive, pour la plus grande partie de son fonds, du latin. Toutes les théories qui ont essayé de le faire dériver d’une autre source, par exemple du celtique, sont radicalement fausses. Les noms d’origine celtique sont au contraire assez rares[2]. Parmi les principaux on peut citer : aloue (dim. alouette), arpent, bec, benne, brait, breuil, chemise, char, charrue, cervoise, grève, jarret, petit ; peut-être chemin, jambe, soc.

Les éléments germaniques sont plus importants : beaucoup se rapportent à la guerre, comme : guerre, guaite et guet, herberge (plus tard auberge; camp), maréchal; armures : brant, épieu, estoc ; équipement : haubert, heaume, éperon, gonfanon, bannière, étrier ; autres mots : alleu, fief, gage, bliaut ; gant, robe ; échanson, échevin ; verbes : fourbir, fournir, garantir, guerpir, garnir, saisir, etc.[3]

Le grec a fourni quelques éléments, surtout à l’époque des croisades.

Nous avons emprunté aussi quelques mots à l’italien et à l’espagnol, aux XVIe et XVIIe siècles (termes mili-

  1. Minari, menacer, a pris en passant dans les langues romanes le sens de mener : mener à l’origine c’est menacer, en parlant des animaux que l’on mène en les menaçant.
  2. Deux centaines environ.
  3. Il y a environ un millier de mots, dont quelques-uns très usuels, d’origine germanique.