Page:Joseph Reinach - Histoire de l’Affaire Dreyfus, La Revue Blanche, 1901, Tome 1.djvu/279

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IV

Ce qu’il y avait d’insolite dans les démarches de l’ambassadeur d’Allemagne, qui, sans mot dire, avait regardé condamner tant d’autres espions, ne frappait point les ministres, parce qu’ils savaient d’où venait la lettre incriminée. Ils en concluent, sinon que le comte de Munster ne dit pas la vérité, du moins que la trahison a été organisée à son insu. Et ils acceptent les déclarations de Mercier, pour suspect que leur soit devenu l’énigmatique personnage, parce qu’ils croient à l’honneur des enquêteurs militaires et à la loyauté d’une instruction sans haine. Ils ont, au surplus, d’autres affaires sur les bras.

Mais Mercier, lui, sait le vide du dossier, les mille subterfuges, les ruses indignes, tant de mensonges déjà accumulés, tout ce qu’il a fallu mettre en œuvre pour établir un semblant d’accusation ; l’homme qui a observé Dreyfus de plus près, Forzinetti, habitué à étudier les criminels, affirme qu’il est innocent. N’eût-il été tourmenté encore d’aucun doute qu’une inquiétude aurait dû naître alors en lui.

En fait, elle y était, plus violente peut-être qu’on ne le saura jamais. Il la cachait, par orgueil, à ses collègues, mais elle n’échappait pas à son entourage, aux meneurs de l’affaire.

Ils redoublèrent d’efforts.

Du Paty, dont le rôle eût dû être fini avec son en-

    faitement racontés à qui devait les connaître qu’ils ont donné lieu à des publications dans l’Agence Havas. » Hanotaux ne dit pas quel est le personnage qu’il désigne sous cette expression vague : « qui de droit. »

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