Page:Joseph Reinach - Histoire de l’Affaire Dreyfus, La Revue Blanche, 1901, Tome 1.djvu/77

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canon et le frein sont connus depuis longtemps[1] ; et qu’enfin un artilleur, très versé dans les questions techniques, aurait mieux connu la langue de son métier : après avoir spécifié de quel canon il s’agissait, il n’aurait point parlé de la manière dont s’est conduite mais dont s’est comportée la pièce.

D’Aboville poursuivit sa démonstration. « Il est évident que le traître a eu des relations avec la troisième direction, puisqu’il possède le nouveau Manuel de tir d’artillerie ; avec le premier bureau, puisqu’il parle des nouvelles formations de campagne ; avec le deuxième et le troisième, à cause de la note sur Madagascar ; enfin avec le troisième, puisqu’il parle des troupes de couverture et qu’il est à même d’indiquer que des modifications seront apportées à la mobilisation par le nouveau plan. »

De plus, les stagiaires seuls passent successivement par tous les bureaux ; les officiers permanents de l’État-Major n’ont que très peu de relations entre eux, et, par ordre, ne parlent point des questions qu’ils ont à traiter.

  1. Le frein hydro-pneumatique du 120, étudié en 1888 (Cass., I, 474, Sebert), avait été adopté en 1890 et ne subit aucun changement de 1890 à 1894. Des journaux rendirent compte des essais qui en furent faits. (Matin du 8 septembre 1891, reproduit par l’Allgemeine Militærzeitung de Darmstadt du 19 septembre ; etc.). Les cours de l’École d’application (1892-1893), où le frein est décrit (p. 77 et 122), sont à la disposition des officiers. (Cass., I, 530 et suiv., Hartmann.) Les tables de construction en furent envoyées, le 8 juin 1894, à la section technique d’artillerie (Cass., II, 323, Deloye). Le Figaro du 24 mai 1899 a publié le texte d’une brochure officielle, Batterie de campagne du 120 court, qui fut distribuée en février 1894 aux officiers du 26e d’artillerie, par les soins du colonel. Cette plaquette comprend deux dessins détaillés du frein. — Pour le canon même, des centaines d’officiers, même de réserve, le virent tirer et surent comment la pièce s’était « comportée », notamment, en mai 1894, à Châlons (Cass., I, 613, Bruyerre).