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« Amabat nesctri, » Telle fut la devise à laquelle Malaguti demeura fidèle toute sa vie et jusque par delà la mort. Je n’entreprends point ici sa biographie complète, je veux seulement retracer la carrière laborieuse de cette éminente personnalité italienne que fut Malaguti [1]), de ce savant qui, par son génie merveilleux, par son activité qui ne s’est jamais démentie, par son jugement limpide et son esprit clair, ordonné et riche de profond savoir, mérite d’être appelé « une véritable abeille de la Science » .

Malaguti était de haute stature ; sa démarche était grave et posée, sa personne droite, sa figure belle et noble. Il avait ce teint pâle à fond brun qui caractérise la belle race de Bologne ; l’œil petit, vif, noir, le front spacieux et ouvert ; sa barbe, qui encadrait son visage, laissait voir un menton un peu ample, et la bouche révélait un je ne sais quoi de grave sans affectation. Sa voix harmonieuse, sa diction simple rendait pleine de charme une parole facile et colorée.

Malaguti est né près de Bologne le 15 février 1802 ; il était le troisième de neuf frères. Il y suivit les cours de l’Université où il obtint à seize ans le diplôme de pharmacien ; il devint assistant à la clinique médicale ; puis le gouvernement pontifical le délégua à la Douane pour l’examen des drogues et médicaments. Mais les événements de 1851 forcèrent Malaguti à s’expatrier. Il se réfugia à Paris, où il acquit des idées plus larges et cette liberté intellectuelle qui lui faisait tant défaut en Italie.

Malaguti, à côté de Pelouze, fréquentait le laboratoire de Gay-Lussac ; il y rencontra Liebig. Il obtint de suivre les cours de l’École Polytechnique, puis il travailla sous la direction de Brongniart ; ses premiers travaux, publiés dans les Annales de Physique et de Chimie, lui valurent l’amitié du baron Thénard, de Dumas et de Biot. Il collabora aux recherches de ce dernier sur la décomposition de la lumière.

  1. A la création de la Faculté, en 1840, Malaguti fut chargé du cours de Chimie en attendant ses lettres de grande naturalisation. Ce n’est que quelques mois plus tard (mars 1841), qu’il fut naturalisé et devint Professeur titulaire. Si donc sa patrie d’origine peut revendiquer une part de ses travaux, c’est comme Français, Français par sa volonté, que la plus grande part de son œuvre appartient à l’Université de Rennes.