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ANNÉE 1887

elle veut que je le fasse maintenant, ce qui m’ennuie beaucoup, car Henriette devait monter et que nous aurions planté un noyau de pêche. Heureusement qu’après mon journal j’irai la chercher et je compte bien m’amuser, car elle ne monte pas bien souvent.

Je suis excessivement contente, parce que Tonton Lionel, tante Gabrielle, Carle et Fernande viendront passer l’été prochain avec nous à Douarnenez. Comme nous nous amuserons ! Voici ce que nous ferons : Maman et moi irons à la communion de Carle à Montpellier ; nous ramènerons Fernande, puis, quelque temps après, Tonton, Tante et Carle viendront et nous partirons pour Douarnenez où nous passerons tout l’été, et quand tout le monde s’en ira, maman et moi partirons avec eux ; je suis folle de joie ! Aussi je vais tâcher, par une vie exemplaire, de bien mériter ce bonheur.

L’autre jour, Gabrielle B de B. m’a fait bien plaisir ; il paraît qu’une petite fille ne doit pas tendre la main la première quand elle va dire bonjour, et elle ne voulait pas me dire que je le faisais, parce qu’elle ne voulait pas que maman le sache, et qu’elle m’a dit que si on me le demandait, j’étais trop franche pour ne pas dire la vérité.

Mardi 2 août.

Avant-hier, j’ai fait un bien horrible journal ; mal écrit, et qui n’a pas de sens ; aussi j’étais tellement pressée d’aller planter mon noyau de pêche ! Mais aujourd’hui, que je n’ai rien à planter, je vais bien le faire.

Hier, comme de coutume, je suis allée sur le Cours. Nous avons naturellement joué à la dame. Gabrielle et Henriette étaient nos sœurs, nous nous amusions beaucoup ; nous faisions semblant d’aller à bord d’un bâtiment que commandait Mathilde ; mais voilà qu’en revenant à terre, elle dit à Gabrielle et à Henriette de marcher devant. Gabrielle ne veut pas et reste de mauvaise humeur ; chez nous, elle pousse Henriette — (pour jouer, bien entendu) — et la fait tomber par terre. Mathilde