Page:Journal des économistes, 1849, T22.djvu/285

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leur procurent, des dépôts qu’ils leur confient et du concours qu’ils leur demandent, même en dehors des cas extrêmes, il ne se peut qu’il n’y ait pas, il doit au moins y avoir, je le répète, dans chaque Etat important et bien administré, une grande institution de crédit au siège du gouvernement, en rapports permanents avec lui. Et il est naturel, convenable, utile qu’il ait sur son administration une certaine influence, une certaine surveillance, et l’aide de son intervention aux moments où la circulation éprouve quelque dérangement. Mais tout monopole au profit de cette Banque est une iniquité, et tout ensemble un malheur public.
GUSTAVE DU PUYNODE.




DE LA PRODUCTION DE LA SÉCURITÉ [1].




Il y a deux manières de considérer la société. Selon les uns, aucune loi providentielle, immuable, n’a présidé à la formation des différentes associations humaines ; organisées d’une manière purement factice par des législateurs primitifs, elles peuvent être, en conséquence, modifiées ou refaites par d’autres législateurs, à mesure que la science sociale progresse. Dans ce système le gouvernement joue un rôle considérable, car c’est au gouvernement, dépositaire du principe d’autorité, qu’incombe la tâche de modifier, de refaire journellement la société.

Selon les autres, au contraire, la société est un fait purement naturel ; comme la terre qui la supporte, elle se meut en vertu de lois générales, préexistantes. Dans ce système, il n’y a point, à proprement parler, de science sociale ; il n’y a qu’une science économique qui étudie l’organisme naturel de la société et qui montre comment fonctionne cet organisme.

Quelle est, dans ce dernier système, la fonction du gouvernement et son organisation naturelle, voilà ce que nous nous proposons d’examiner.

I.

Pour bien définir et délimiter la fonction du gouvernement, il nous faut rechercher d’abord ce que c’est que la société et quel est son objet.

  1. Bien que cet article puisse paraître empreint d’utopie dans ses conclusions, nous croyons, néanmoins, devoir le publier pour attirer l’attention des économistes et des publicistes sur une question qui n’a encore été traitée que d’une manière accidentelle et qui doit, néanmoins, à l’époque où nous sommes, être abordée avec plus de précision. Tant de gens exagèrent la nature et les attributions du gouvernement, qu’il est devenu utile de formuler strictement la circonscription hors de laquelle l’intervention de l’autorité cesse d’être tulélaire et profitable pour devenir anarchique et tyrannique.
    (Note du rédacteur en chef.)