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LIVRE DIXIÈME.

envers le Bouddha, et arriver enfin à l'Intelligence transcendante [Anoattara samyak sambôdhi). »

Après avoir fait ces adieux, il se tut et entra en méditation ; puis, de sa langue mourante, il laissa échapper d'amers regrets, en sentant qu'il ne jouissait plus du monde des yeux (de la faculté de voir), du monde de la pensée (de la faculté de penser), du monde de la connaissance qui naît de la vue (de la connaissance des objets sensibles) ; du monde de la connaissance qui nait de V esprit (de la perception des choses spirituelles), et qu'il ne possédait point la plénitude de Intelligence. Enfin, il prononça deux gâthâs qu'il fit répéter aux personnes qui étaient près de lui.

Adoration à Mâitrêya tathâgata, doué d'une intelligence sublime ! Je désire, avec tous les hommes, voir votre visage affectueux ;

Adoration à Mâitrêya tathâgata ! Je désire, après avoir quitté la vie, renaître au milieu de la multitude qui vous entoure.

Le Maître de la loi, après avoir regardé longtemps Te-hoeï, le sous-directeur du couvent (Karmmadâna), porta sa main droite à son menton et la gauche sur sa poitrine ; puis il étendit les jambes, les croisa, et se coucha sur le côté droit.

Il resta ainsi immobile, sans rien prendre, jusqu'au cinquième jour (de la deuxième lune). Au milieu de la nuit, ses disciples lui demandèrent : « Maître, avez-vous enfin obtenu de naître au milieu de l'assemblée de Mâitrêya ? »

« Oui, » répondit-il, d'une voix défaillante. À ce