Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T1.djvu/251

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


d’inventions, entre autres, qu’elle avait « découvert » qu’il avait servi autrefois comme garçon de café ; tantôt elle se brouillait et se réconciliait avec lui. Comme il n’était pas de nature à se tourmenter comme Aurore, et qu’il opposait aux sorties de Sophie beaucoup de sang-froid et d’indifférence, celle-ci en prit bientôt son parti et se familiarisa à l’idée du mariage de sa fille avec Dudevant. Ce qui finit par l’adoucir, ce fut que la baronne Dudevant, belle-mère de Casimir, dame élégante et de bon ton, vint la première lui faire une visite et eut pour elle, en général, beaucoup d’attentions. Pour Sophie, qui était d’un amour-propre maladif et qui, toute sa vie, avait eu à souffrir des offenses et des piqûres de la part de beaucoup de nobles dames et de nobles seigneurs (à propos de son passé), ces attentions et ces amabilités étaient plus que suffisantes pour l’attendrir envers les Dudevant ; la cause de Casimir était gagnée. Elle se montra toutefois hostile envers lui jusqu’au mariage. Une des conséquences qui s’ensuivirent fut qu’Aurore se maria « sous le régime dotal ».

Par son contrat de mariage soumis au « régime dotal », Aurore conservait sa fortune personnelle de 500.000 francs. En outre, les parents avaient inséré la clause que Casimir, en jouissant du revenu des biens de sa femme, et en se chargeant de leur gestion, s’engageait à lui payer une rente annuelle de 3.000 francs pour ses besoins personnels. George Sand suppose que sa mère avait voulu simplement, par là, faire preuve, jusqu’au dernier moment, de son pouvoir et de son influence sur sa fille et se montrer peu agréable envers Casimir.

Il faut plutôt voir en cela, selon nous, la perspicacité de Sophie, qui, malgré son caractère mal équilibré, était