Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T1.djvu/339

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Vie est en effet interverti et dès les premières pages, racontant l’établissement d’Aurore Dudevant à Paris, le biographe ne doit plus la suivre à la lettre, tant son récit est embrouillé. Ainsi, George Sand commence par faire la description du logement qu’elle occupait quai Saint-Michel et par nous raconter comment elle a acheté des meubles et s’y est installée avec sa petite fille, pour ajouter aussitôt après, comme en passant, que c’était là son logement durant « la deuxième année de son séjour à Paris, mais que, d’abord, elle y avait vécu d’une manière très inusitée »… Par contre, la Correspondance nous apprend qu’elle avait d’abord logé rue de Seine, n° 31[1], et que ce ne fut qu’au mois de juillet 1831, après une seconde arrivée de Nohant à Paris, qu’elle s’était installée au quai Saint-Michel, avait acheté des meubles et s’était fait un chez-soi ; qu’elle avait ensuite passé une fois deux mois à Nohant, était rentrée à Paris pour les mois de novembre et de décembre, était retournée à la campagne pour le mois de janvier 1832 et n’avait amené sa fille Solange à Paris qu’en avril de la même année[2]. Cependant, au chapitre XIII du vol. IV de l’Histoire

  1. Dans le tome I de la Correspondance, la lettre à Charles Duvernet du 19 janvier 1831 est imprimée sans adresse, mais lors de sa première impression dans la Nouvelle Revue 1881, cette lettre était datée, comme dans l’original : Paris, (rue de Seine, 31) 19 janvier 1831. C’était l’appartement d’Hippolyte Châtiron et c’est bien là qu’elle était descendue en arrivant à Paris. M. Amic prétend, au contraire, que Jules Sandeau demeurant alors rue Racine, c’est chez lui qu’elle alla directement s’établir à Paris. Nous trouvons encore, dans le tome II du Curieux, l’indication que George Sand et Jules Sandeau demeuraient dans ce même hôtel Jean-Jacques Rousseau, n° 4, rue des Cordiers, où avaient demeuré avant eux Jean-Jacques Rousseau lui-même, Condillac, Mably et Gresset, et plus tard Gustave Planche. Balzac fait descendre son héros Lucien de Rubempré, après son arrivée à Paris, à ce même hôtel, qui a cessé d’exister depuis 1887.
  2. Correspondance, vol. I. et les lettres inédites de janvier 1831 à janvier 1833