Page:Kerigant - Les Chouans - Épisodes des guerres de l’Ouest dans les Côtes-du-Nord, 1882.djvu/31

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forces incohérentes, mais les obliger à s’enfermer dans les villes, ils ne pouvaient manquer de les vaincre lorsqu’ils seraient à leur tour secondés par une armée régulière, à la tête de laquelle marcherait un prince du sang royal, sous le vieux drapeau de la Monarchie… Hélas ! les espérances les mieux fondées s’évanouirent comme un rêve.

L’armée de débarquement devait bien avoir à sa tête un prince spirituel, brave, aimable ; mais ni à cette époque, ni plus tard sur le trône, il ne sut prendre un parti énergique et se montrer à la hauteur de toutes les circonstances : au lieu de marcher avec l’avant-garde, il attendit… Deux fois dans sa vie, ce malheureux prince, doué cependant de qualités éminentes, et à qui la France doit l’inoubliable et glorieuse conquête d’Alger, à deux reprises, disons-nous, ce prince trouva l’occasion de vaincre la Révolution, l’anarchie, et il la laissa échapper.

Les fautes des rois, des chefs des nations, souvent ont des suites longues et lamentables pour les compagnons de leur fortune !

Le général Hoche, avec habileté, profita des fautes de ses adversaires : au lieu d’une défaite en apparence inévitable, il remporta un triomphe qui, en sauvant la République, établit définitivement la répu-