Page:Kerigant - Les Chouans - Épisodes des guerres de l’Ouest dans les Côtes-du-Nord, 1882.djvu/97

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la liberté. Sa mémoire a toujours été honorée par ceux qui l’ont connu ; ils en faisaient le plus grand cas.

Après cette exécution, vue, du reste, avec dégoût par la population, le sort des prisonniers devint de plus en plus précaire. Les démarches des défenseurs étaient restées jusque-là sans effet. Ils craignirent même un moment que cet incident ne fit rejeter le pourvoi et n’occasionnât quelques nouvelles violences, toujours à redouter de la part des républicains, sous l’empire incessant des passions furibondes des clubs.

Dans cette crainte, ma mère, qui continuait d’habiter à Saint-Brieuc avec ses enfants, résolut, après un entretien avec les prisonniers, d’essayer d’un moyen souvent couronné de succès près des autorités révolutionnaires. Un jour, sous prétexte de faire une demande en faveur des détenus, elle se présenta, accompagnée de l’une des domestiques de Mme Le Gris, Julie Langourla, chez le président du tribunal révolutionnaire, le citoyen B… Dans la conversation, il fut particulièrement question de la sévérité avec laquelle on traitait les prisonniers. Ma mère lui fit observer que, dans la situation favorable où se trouvait l’opinion publique à leur égard, ce traitement pouvait être modifié, cette modification dépendant du président, ajouta-t-elle.