Page:Kindt - Pour se damner.djvu/151

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avoir procuré un tête-à-tête avec la plus jolie personne qu’il eût jamais rencontrée ; enfin il fut parfaitement bête, lui qui d’ordinaire l’était moins que la plupart des hommes ; mais il débita ses lieux communs avec un émoi qu’il ne pouvait vaincre.

La jeune femme ne l’écoutait pas et le regardait ; c’était un beau garçon de vingt-cinq ans, avec la fière mine d’un Van-Dick, cheveux frisés et moustaches rousses ; elle le regardait, et des flammes passaient dans ses yeux à demi fermés ; lorsque, sous prétexte de descendre la glace, leurs mains se rencontrèrent, elle laissa sa main gantée, plus de temps qu’il n’était nécessaire, contre la main du jeune homme.

Puis, d’un geste simple, elle ôta son gant, et comme il se jetait sur cette main aux ongles roses pour la couvrir de baisers, par un mouvement violent, elle lui tendit ses lèvres.

Le train sifflait, on était à Ville-d’Avray !

— Je m’arrête ici, dit-elle rapidement, adieu !

— Je vous suis, répondit-il en se levant