Page:Kipling - Au hasard de la vie, trad. Varlet, 1928.djvu/47

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


mes au XIXe siècle ! Avez-vous entendu ce que disait cet homme ?

— J’ai entendu, répondis-je. Imray a fait une gaffe.

— Simplement et uniquement parce qu’il n’a pas reconnu la nature et les symptômes d’une petite fièvre de saison. Bahadur Khan était avec lui depuis quatre ans.

Je frissonnai. Mon propre domestique était avec moi depuis tout juste ce même laps de temps. Lorsque je passai dans ma chambre je le trouvai qui m’attendait, impassible comme l’effigie de bronze sur une pièce d’un sou, pour me tirer mes bottes. Je lui demandai :

— Qu’est-il arrivé à Bahadur Khan ?

— Il a été mordu par un serpent et il en est mort ; le reste, le sahib le sait, me fut-il répondu.

— Et qu’est-ce que tu as su au juste de l’affaire ?

— Ce qu’on pourrait apprendre de celui qui vient dans le crépuscule pour chercher satisfaction. Doucement, sahib. Que je puisse vous retirer vos bottes.

Je venais juste de me livrer au sommeil de l’épuisement lorsque j’entendis Strickland me crier de l’autre bout de la maison :

— Tietjens est revenue à sa chambre !

Et en effet. La grande chienne de chasse était couchée sur son lit à elle, sur sa couverture à elle, et dans la pièce voisine la toile de plafond pendait paresseusement et oscillait avec allégresse en battant sur la table.