Page:Kipling - Du cran.djvu/128

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parler de personne. Il avait mis en ligne toute son armée — forte de trois cents hommes pourvus de vieilles carabines Martini et d’une paire de pièces de sept dignes des ancêtres — au front de son fort. Nous ne savions, nous autres, quoi que ce soit de ses arrangements domestiques. Nous tombâmes littéralement au milieu d’eux, pour ainsi dire. Alors voilà que mon Caporal de Marine — l’homme le plus gras du Service sauf un — dégringole à bas des marches du débarcadère. Le Chef avait un Premier Ministre — à peu près aussi gras que mon Caporal — lequel aida celui-ci à se relever. Ma foi, cela brisa un tantinet la glace. Le Premier Ministre était un homme d’État. Il y mit de la vaseline, tandis que le chef m’envoyait au diable, moi et la Marine et le Gouvernement Britannique, et je ne cessais de me tortiller dans mon pantalon blanc pour l’empêcher de coller. Vous savez ce qu’on éprouve ! Je me rappelle avoir dit au Chef que le Polycarp le ferait sauter hors de l’eau, lui et son île, s’il ne s’en venait dare-dare. Il aurait pu le faire — en une semaine ou deux ; mais nous étions alors en train de laver les hamacs. J’avais oublié ce détail sur le moment. J’avais un tan-