Page:Kipling - Du cran.djvu/14

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qui indiquaient le cours d’un nullah[1] desséché ; et le camp prétendait trouver de l’ombre sous un bouquet de gommiers plantés à titre d’expérience par quelque Ministre de l’Agriculture. Une petite butte, de pierre rougeâtre, à toit de fer-blanc, se dressait où la voie unique du chemin de fer se divisait pour s’en aller former une voie de déchargement. Une plaine onduleuse de terre rouge, mouchetée de pierres vagabondes et de broussaille clairsemée, s’étendait au nord jusqu’aux escarpes et éperons d’une rangée de petites collines — le tout aride et exagéré dans la brume de chaleur. Au sud le niveau se perdait dans un enchevêtrement de monticules fourrés de buissons, et qui émergeaient là sans but ni ordre, brûlés et noircis par les coups de l’éclair insoucieux, couturés du haut en bas de leurs flancs de cours d’eau taris, et de la base au sommet criblés de pierres — pierres éclatées, amoncelées, éparpillées. Tout là-bas, vers l’est, une ligne de montagnes bleu-gris, hérissée de pics et de cornes, se haussait au-dessus du pêle-mêle de la terre

  1. Cours d’eau.