Page:Kipling - Du cran.djvu/171

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


la façon d’une lance sur un dos stupéfait. Une autre victime se débattit de tout le corps à travers les brancards d’un cabriolet décrépit, les fracassant et mettant les roues sens dessus dessous. C’était plus que suffisant pour les nerfs de l’assemblée. Avec des mugissements furieux et maints coups de tête de droite et de gauche les bêtes se précipitèrent dans la cour, queues dressées, et engagèrent beau et loyal combat sur le fumier. La dernière vache à sortir accrocha de la corne un vieux tas de harnais ; il lui battait sur un œil et traînait derrière elle. Une camarade mettait-elle le pied dessus, ce qui arrivait toutes les quelques secondes, que naturellement elle tombait sur les genoux ; sur quoi en sa qualité de vache des Terriers, ayant à cœur les intérêts de son veau, elle attaquait la première qui passait. À demi terrifiés, mais ravis de la tête aux pieds, les gamins regardaient le cataclysme. Il était à son point culminant avant même qu’ils songeassent à une seconde balle. Tom sortit d’une étable, armé d’une fourche, pour s’y faire rechasser par la vache au harnais. Un jeune bœuf se débattit sur le tas de fumier, tomba, se releva, puis s’ensevelit