Page:Kipling - Du cran.djvu/22

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— Vous croyez, ma Sœur ? dit le Major, sur un ton de déférence.

— Je le sais, ils se lèveront n’importe où dans la Colonie si un commando leur arrive pour de bon. Ils ne vont pas tarder à se lever à Prieska — quand ce ne serait que pour voler le fourrage au Vlei[1] de Van Wyk. Pourquoi pas ?

— C’est de Sœur Marguerite que nous tirons la plupart de nos idées sur la guerre, dit le médecin civil du train. Tout cela est du nouveau pour moi, mais, jusqu’ici, toutes ses prophéties se sont réalisées. »

Quelques mois plus tôt ce médecin, cessant de pratiquer, s’était retiré dans une maison de campagne de la pluvieuse Angleterre, sa fortune faite, et, comme il essayait de le croire, le travail de sa vie accompli. Alors les trompettes sonnèrent, et, réjoui du changement, il se trouva, lui, son expérience et ses belles manières de chevet, boutonné jusqu’au menton dans un vêtement kaki à rabat noir, sur un train hôpital qui couvrait onze cents milles par semaine, portait cent blessés à chaque voyage, et lui donna plus

  1. Étang.