Page:Kipling - Du cran.djvu/220

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mer qu’une mer, et que les serpents prennent refuge sur le remblai, et que les torrents en leur course chassent le ballast de brique de dessous les traverses de fer pour laisser les rails pendre en gracieux festons. Alors les trains roulent comme ils peuvent, et les inspecteurs de la voie passent leurs nuits en ébats de côté et d’autre dans des charrettes à bras poussées par des coolies sur le ballast disloqué, et tout le monde, couvert de l’éruption rouge feu des boutons de chaleur, s’emporte.

Le jeune Ottley était habitué à ces choses depuis sa naissance. Tout ce qu’il regrettait, c’était que ses amis le long de la ligne fussent crottés et mouillés et maussades au point de ne pouvoir apprécier sa magnificence ; car il se tenait pour fort consolant à regarder lorsqu’il mettait son casque de côté sur un œil et soufflait par les narines la rauque fumée des cigares de fabrication indigène. Jusqu’à la tombée de la nuit il resta étendu sur sa couchette, en manches de chemise, à lire les œuvres de G. W. R. Reynolds, qui se vendaient à tous les étalages des bibliothèques de gare, et de temps à autre à sommeiller.