Page:Kropotkine - L Entraide un facteur de l evolution, traduction Breal, Hachette 1906.djvu/187

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Chapitre V


L’ENTR’AIDE DANS LA CITÉ DU MOYEN ÂGE.


Croissance de l’autorité dans la société barbare. — Le servage dans les villages. — Révolte des villes fortifiées ; leur libération, leurs chartes. — La guilde. — Double origine de la cité libre du moyen âge. — Souveraineté judiciaire et administrative. — Le travail manuel considéré comme honorable. — Le commerce par la guilde et par la cité.


La sociabilité et le besoin d’aide et de soutien mutuels sont tellement inhérents à la nature humaine qu’à aucune époque de l’histoire nous ne trouvons les hommes vivant par petites familles isolées, se combattant les unes les autres pour assurer leurs moyens d’existence. Au contraire, les recherches modernes, comme nous l’avons vu dans les deux chapitres précédents, montrent que dès le commencement même de leur vie préhistorique, les hommes formaient des agglomérations de gentes, clans ou tribus, maintenues par l’idée d’une origine commune et par l’adoration d’ancêtres communs. Pendant des milliers et des milliers d’années cette organisation servit de lien entre les hommes, quoiqu’il n’y eût d’autorité d’aucune sorte pour l’imposer ; elle exerça une influence profonde sur le développement ultérieur de l’humanité ; et quand les liens de commune origine furent relâchés par les grandes migrations, tandis que le développement