Page:Kropotkine - L Entraide un facteur de l evolution, traduction Breal, Hachette 1906.djvu/280

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l’Angleterre. Les forêts communales du canton de Vaud et du Valais sont très bien administrées, conformément aux règles de la sylviculture moderne. Ailleurs les « parcelles » de champs communaux, qui changent de propriétaires d’après le système des redistributions, sont bien cultivées et particulièrement bien fumées. Les prairies des hautes régions sont bien entretenues et les chemins ruraux sont en bon état. Et lorsque nous admirons les chalets, les routes des montagnes, les bestiaux des paysans, les terrasses de vignobles ou les écoles de la Suisse, il faut nous rappeler que souvent le bois de charpente pour les chalets est pris aux bois communaux, et la pierre aux carrières communales, les vaches sont gardées sur des prairies communales et les routes, ainsi que les écoles, ont été construites par le travail communal. Évidemment, en Suisse, comme partout, la commune a immensément perdu dans ses attributions, et la « corporation », limitée à un petit nombre de familles, s’est substituée à l’ancienne commune du village. Mais ce qui reste des attributions de l’ancienne commune est encore, de l’avis de ceux qui ont étudié ce sujet, plein de vitalité[1].

Il est à peine besoin de dire qu’un grand nombre d’habitudes et de coutumes d’entr’aide ont persisté dans les villages suisses : réunions du soir pour éplucher les noix, se tenant tour à tour dans chaque maison ; veillée pour coudre le trousseau d’une jeune fille qui va se marier ; appel des « aides » pour construire

  1. Voir sur ce sujet une série d’ouvrages, résumés dans l’un des excellents chapitres que K. Bücher a ajoutés à la traduction allemande de Laveleye, Propriété primitive. Cf. aussi Meitzen, « Das Agrar- und Forst- Wesen, die Allmenden und die Landgemeinden der Deutschen Schweiz », dans Jahrbuch für Staatswissenschaft, 1880, IV (analyse des ouvrages de Miaskowski) ; O’Brien, « Notes in a Swiss village » dans Macmillan’s Magazine, octobre 1885. — Voyez aussi Appendice XII.