Page:Kropotkine - L Entraide un facteur de l evolution, traduction Breal, Hachette 1906.djvu/286

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de même, par journées volontaires, les chemins ruraux. D’autres communes bâtirent de même leurs fontaines. Le pressoir pour la vendange et autres instruments de moindre importance sont souvent fournis par la commune.


Deux personnes qui résident dans l’Ariège, questionnées par notre ami, lui écrivent ce qui suit :


À O. (Ariège), il y a quelques années, on n’avait pas de moulin pour moudre les grains du pays. La commune s’imposa pour bâtir un moulin. Restait à confier le moulin à un meunier ; Pour empêcher toute fraude, toute partialité, il fut convenu que le grain serait moulu gratuitement et que le meunier serait payé à raison de deux francs par personne capable de manger du pain.

Dans le St-G. (Ariège), peu de personnes sont assurées contre l’incendie. Quand une famille est victime d’un sinistre, voici comment on procède et comment on a procédé tout dernièrement à B. et à A. Tous donnent quelque chose aux incendiés : qui une marmite, qui un drap de lit, qui une chaise, etc. On monte ainsi un modeste ménage ; on loge les malheureux gratuitement ; et chacun aide à la construction d’une nouvelle maison. Les habitants des villages voisins donnent aussi quelques secours. Les habitants de M. sont en train de constituer une caisse d’assurance contre l’incendie qui a pour base l’appui mutuel.


Ces habitudes d’entr’aide — dont nous pourrions donner bien d’autres exemples — expliquent sans doute la facilité avec laquelle les paysans français s’associent pour se servir, à tour de rôle, de la charrue avec son attelage de chevaux, du pressoir, ou de la machine à battre, lorsqu’un seul membre du village en possède ; et on comprend comment ils s’unissent pour accomplir en commun toute espèce de travail rural. Les canaux ont été entretenus, les forêts ont été défrichées, des arbres ont été plantés, des marais ont été asséchés par les