Page:Kropotkine - La Conquête du pain.djvu/53

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à mesure que la force productrice de l’humanité augmente ; elle s’accentue encore plus chaque fois qu’une grande idée vient prendre la place des préoccupations mesquines de notre vie quotidienne.

Comment donc douter que, le jour où les instruments de production seraient remis à tous, où l’on ferait la besogne en commun, et le travail, recouvrant cette fois la place d’honneur dans la société, produirait bien plus qu’il ne faut pour tous — comment douter qu’alors, cette tendance (déjà si puissante) n’élargisse sa sphère d’action jusqu’à devenir le principe même de la vie sociale ?

D’après ces indices, et réfléchissant, en outre, au côté pratique de l’expropriation dont nous allons parler dans les chapitres suivants, nous sommes d’avis que notre première obligation, quand la révolution aura brisé la force qui maintient le système actuel, sera de réaliser immédiatement le communisme.

Mais notre communisme n’est ni celui des phalanstériens, ni celui des théoriciens autoritaires allemands. C’est le communisme anarchiste, le communisme sans gouvernement, — celui des hommes libres. C’est la synthèse des deux buts poursuivis par l’humanité à travers les âges : la liberté économique et la liberté politique.


II


En prenant « l’anarchie » pour idéal d’organisation politique, nous ne faisons encore que formuler une