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L’ARCHITECTURE DE LA RENAISSANCE.

défaut, sa manière désormais plus franche, plus accusée, suffirait le plus souvent à prévenir toute erreur.

Fig. 6. — Saint-Pierre.
(Plan de Bramante.)

Et en effet, quelque temps après son arrivée dans la ville éternelle, Bramante est un homme nouveau ; il s’affirme comme tel, bien que pas toujours à son avantage. Les qualités qui étaient son partage, comme elles avaient été celui de la plupart des architectes du quattrocento, nous voulons dire la grâce, la richesse d’invention, une sorte de liberté attachante, sont sacrifiées au désir d’atteindre à la majesté et à l’inflexible correction de l’architecture romaine. De la sorte, il se montre le représentant de la Renaissance dans le sens rigoureux du mot, il se fait le champion du retour pur et simple vers les formes antiques. On pourrait ajouter que le sentiment de respect inspiré par tout ce qu’il avait sous les yeux a bien pu amener Bramante à modifier ses idées. Sur cette terre semée d’admirables débris, tout imprégnée de l’ancienne civilisation, il ne pouvait transporter une manière de faire qui n’aurait pas eu sa raison d’être, quel que fût, du reste, son incontestable mérite.

De là est née l’école romaine qui, durant trois siè-