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L’ARCHITECTURE DE LA RENAISSANCE.

la Bibliothèque. À tous égards, la Zecca (hôtel des Monnaies), commencée en 1536, fait plus d’honneur au maître. On vante avec raison le sévère aspect donné à l’édifice qui, dès le premier abord, indique pour ainsi dire sa destination. Non seulement le rez-de-chaussée, découpé en arcades malheureusement fermées plus tard, est à bossages, mais les colonnes doriques et ioniques des deux étages au-dessus reproduisent la même ornementation. Les fenêtres, toutes rectangulaires, n’ont de fronton qu’à la rangée supérieure, et quant à l’entablement, s’il est quelque peu irrégulier, du moins n’offre-t-il rien qui choque ouvertement.

L’œuvre capitale de Sansovino est la Bibliothèque qui, sur tout un côté de la Piazzetta, fait face au palais des Doges. Rattachée jusqu’à un certain point aux constructions voisines qui lui imposèrent des proportions restreintes, elle comprend extérieurement deux étages de galeries à arcades, renforcées en bas de colonnes doriques, en haut de colonnes ioniques. L’entablement des premières est à triglyphes et patères, tandis que celui des secondes, d’une grande richesse de décoration, est percé d’ouvertures oblongues. En outre, au premier étage, les impostes des arcades reposent directement, de chaque côté de l’embrasure, sur des colonnes accouplées. Quant au couronnement en terrasse, la balustrade qui l’entoure se trouve dominée aux angles par des obélisques, et au droit des grandes colonnes par des statues.

N’oublions pas de signaler une disposition assez étrange qui fut adoptée, paraît-il, à la suite d’un conseil d’architectes. Il s’agissait de savoir comment serait