Page:Léonard de Vinci - 14 manuscrits.djvu/84

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6o LES MANUSCRITS DE LÉONARD DE VINCI

fiction qui signifiera de grandes choses », le peintre peut dire de même, comme Apelles fit la Calomnie. Si vous disiez que la poésie est éternelle, je répondrais que les œuvres d'un chaudronnier se conservent plus que les nôtres et les vôtres ; néanmoins, elles sont de peu de fantaisie. La peinture peut se faire éternelle, en peignant sur cuivre avec des couleurs de verre. Nous, en art, nous pouvons être dits petits-fils de Dieu. Si la poésie touche à la philosophie morale, celle-ci va avec la philosophie naturelle ; si celle-là décrit l'action de l'esprit, celle-ci considère les mouvements de l'esprit. Qu'on mette le poète à figurer une beauté, une férocité, une chose e.xécrable et laide, monstrueuse, qu'il fasse une transformation de formes, est-ce que le peintre ne satisfera pas davantage .^

20 r.

Si tu méprises la peinture, seule imitatrice des œuvres visibles, tu méprises une subtile invention, qui^ avec une philosophique et subtile spéculation, considère les formes, airs, positions, plantes, animaux, herbes et fleurs qui sont entourés d'ombre et de lumière.

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