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DE KANG-HI.

les étrangers. C’est sur-tout à l’Opéra qu’on les voit en foule, et je ne m’en étonne pas, puisque tous les sens y sont charmés à-la-fois : on se croit transporté dans des jardins délicieux ou sous de superbes portiques ; les danses des Bayaderes y sont encore plus voluptueuses que dans l’Orient ; et la musique y seroit presque toujours ravissante sans les cris de quelques acteurs. La magnificence d’un tel théâtre me fait mieux sentir la mesquinerie des nôtres. Les salles, ou plutôt les baraques que nos comédiens occupent dans les faubourgs, vous paroissent, ainsi qu’à moi, mon ami, si incommodes, que nous préférons de les faire venir dans nos maisons ; mais, faute d’habits convenables, ils sont obligés de dire en entrant sur la scene le nom du personnage qu’ils représentent. Souvent même ils se