Page:L’Étourdi, 1784.djvu/90

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
69
L’ÉTOURDI.


riere des plaiſirs eſt ouverte pour toujours.

Cécile revenue de cet anéantiſſement délicieux où plonge le bonheur ſuprême, me laiſſa lire dans ſes yeux animés par le plaiſir, tout celui que lui avait cauſé ſa défaite. Puis elle me dit avec tendreſſe… „ ô mon ami, de quelle volupté viens-tu de m’ennivrer ! Juge de ſon excès par celui de ma joie qui n’eſt pas même ternie par une ombre de triſteſſe. Loin de pleurer ſur ma virginité, je me félicite de te l’avoir laiſſé ravir, heureuſe ſi ce ſacrifice peut m’acquérir des droits ſur ton cœur… “

… Raſſure-toi, divine Cécile : Après avoir été le plus fortuné des hommes, ton amant voudrait-il en être le plus malheureux ? Son bonheur ne te donnera jamais des regrets, il n’empoiſonnera pas les douceurs de tes plaiſirs en te les rendant amers… tes charmes te ſont un sûr garant de ma fidélité.

Je ne pus en dire davantage, la violence de mes deſirs me ſuggérait tant de