Page:L’Alcoran (traduction de Du Ryer).djvu/236

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228 L’ALCORAN.  

prenez ſeulement ce qui vous ſera neceſſaire pour vivre, apres ce il viendra ſept années maigres & infructueuſes auſquelles le peuple ſouffrira beaucoup ; Le Roy d’Egypte ayant appris l’explication de ce ſonge commanda d’appeler Joſeph, le Meſſager luy dit, ô Joſeph retourne vers ton Maiſtre, & luy demande l’explication des femmes qui ſe ſont coupez les doigts, il a ſceu leur malice, il les a fait aſſembler, & leur a demandé quel eſtoit leur deſſein lors qu’elles t’ont ſollicité d’amour, elles ont reſpondu qu’elles ne connoiſſent point de peche en toy, & ſa femme a confeſſé la verité, elle a dit qu’elle l’avoit ſollicité, mais que tu és un grand homme de bien. Joſeph reſpondit, cela fait cognoiſtre que je ne ſuis pas traiſtre à mon Maiſtre en ſon abſence, Dieu ne conduit pas les traiſtres, je ne veux pas dire que je ſuis homme ſans peché, l’eſprit de l’homme eſt enclin au mal, excepté ceux à qui Dieu a donné une grace particuliere, il eſt clement & miſericordieux à qui bon luy ſemble. Le Roy apres avoir parlé à Joſeph le mit au nombre de ſes domeſtiques, & le fit Sur-Intendant de ſes finances, parce qu’il le connût homme d’eſprit, fidel, & bon meſnager. Nous avons eſtably Joſeph au pays d’Egypte par noſtre grace ſpecialle, où il faiſoit ce que bon luy ſembloit, je ne prive pas les gens de bien de leur recompenſe ſur la terre, la recompenſe de l’autre monde eſt encore plus grande pour ceux qui croyent en ma loy, & qui ont ma crainte devant les yeux : Les freres de Jo-