Page:L’Anarchie passive et le comte Léon Tolstoï.djvu/83

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


71
L’ANARCHIE PASSIVE

d’obéir aux commandements, aux exigences du pouvoir officiel. Même la dispute, la contestation sont défendues aux chrétiens, d’après le comte Tolstoï ; mais alors beaucoup des passages de son dernier livre doivent être considérés comme antichrétiens, comme par exemple les expressions dont il se sert à l’égard de l’empereur Guillaume.

En un mot, l’humanité chrétienne, d’après le comte Tolstoï, doit prendre le hérisson pour idéal, car, lui aussi, il ne résiste pas par la violence au mal qu’on lui veut faire : il ne se défend pas, il ne fuit même pas, mais il se roule en une boule gênante et piquante, et il laisse à ses ennemis pleine liberté de lui faire tout ce qu’ils veulent. Le comte Tolstoï donne à entendre que les chrétiens passifs peuvent devenir aussi bien gênants, car chacun d’eux a des amis, des parents, des relations, des connaissances, dit-il avec beaucoup de conviction, en parlant des peines que le gouvernement pourrait infliger à ceux qui refusent de payer les impôts, de servir dans les armées, de prêter serment, etc. En lisant ce passage, chacun comprend que les chrétiens passifs