Page:LES JEUX OLYMPIQUES 776 AV J-C 1896.djvu/24

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fut un Messénien, ce qui montre l’extension qu’avait déjà prise ces Jeux ; et dès lors les vainqueurs appartiennent aux diverses contrées du Péloponnèse.

L’importance toujours croissante de ces Jeux contribuait à augmenter l’influence et le prestige d’Élis et de Sparte ; mais cette prépondérance nuisait aux intérêts rivaux de Pise, dont les habitants présidaient autrefois aux Jeux Olympiques, et d’Argos, qui, étant l’émule de Sparte, voyait d’un œil d’envie la suprématie des Lacédémoniens s’étendre peu à peu sur toute la péninsule, par sa prépondérance croissante dans les Jeux Olympiques. Une réaction s’ensuivit, et, quand les Pisates tournèrent leurs regards vers les Argiens, auxquels ils demandèrent aide et protection, le grand roi d’Argos, qui était alors Phédon, s’empressa d’aller à leur secours, et, après avait expulsé les Éléens d’Olympie, il restitua à Pise le territoire sacré. À la célébration de la huitième Olympiade (748 av. J.-C.), les Pisates, sous la protection de Phédon, présidèrent aux Jeux ; mais cette humiliation des Éléens déplut à leurs alliés les Spartiates, qui, unissant leurs forces à celles des premiers, mirent fin à la puissance du roi d’Argos. Ainsi l’Olympiade suivante fut de nouveau présidée par les Éléens, qui se hâtèrent d’annuler l’Olympiade précédente.

C’est ainsi qu’Argos se vit, dans sa faiblesse, obligée de céder ; il n’en fut pas de même de Pise, qui ne cessa d’élever des prétentions sur Olympie et sur la présidence des Jeux qui s’y célébraient. Cette ville, en effet, qui depuis plusieurs siècles, s’était plu à voir ses enfants célébrer ces fêtes de famille à l’ombre du mont Keonion, et qui considérait Olympie comme une partie, pour ainsi dire, de son agora, car Pise était si près d’Olympie que l’acropole de la première dominait l’hippodrome Olympique, Pise, ne pouvait donc voir qu’avec peine la protection des Jeux passer en d’autres mains, et les habitants d’Élis, situé à sept heures d’Olympie, convoquer la Grèce entière à la célébration de ces Jeux. Mais la protection toute puissante dont Sparte couvrait les Éléens ne permettait pas aux Pisates de réaliser leurs désirs ; une seule fois, après le règne de Phédon, Pise put réussir à avoir le présidence des Jeux (34 Olympiades, 644

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