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Histoire du Canada.

pages de chacun des numéros de notre journal à l’Histoire du Canada. Nous nous proposons de publier, par la suite, cette histoire sous une autre forme, si les circonstances nous le permettent, et si personne ne nous devance dans cette entreprise.

Nous comprenons soifs le nom de Canada, non-seulement les deux provinces qui portent aujourd’hui ce nom, et qui avaient autrefois plus d’étendue au nord et au sud, mais encore celles qu’on appelle Nouvelle-Écosse et Nouveau-Brunswick, les îles qui les avoisinent, en un mot, tous les pays que possédaient ou réclamaient les Français, avant la découverte du Mîssissipi, et la cession de l’Acadie à la Grande-Bretagne.

L’étymologie du nom de Canada est assez incertaine : quelques auteurs prétendent, sans beaucoup de vraisemblance, que des Espagnols étant entrés dans la Baie des Chaleurs, et n’y ayant trouvé aucune apparence de mines d’or ou d’argent, prononcèrent plusieurs fois ces deux mots, aca nada, ici rien, que les naturels répétèrent aux Français, de manière à leur faire croire que le pays s’appellait Canada. On prétend aussi que le pays leur ayant paru stérile, ils l’appellèrent Cabo de nada, Cap de rien ; ce qui par la corruption du langage, serait devenu Canada. D’autres auteurs dérivent, avec plus d’apparence de raison, le nom de Canada du mot iroquois Kannuta ou Kannada, qui signifie amas de cabanes ; ou de quelqu’autre mot souvent employé par les naturels du pays.

Des écrivains ont avancé, suivant Charlevoix, qu’en 1477, un Polonais nommé Jean Scalve découvrit l’Estotilande, ou Slateslands, et une partie du pays appelle Labrador. Le Labrador est présentement bien connu ; mais l’Estotilande est un pays imaginaire, (à moins qu’on ait appellé de ce nom la partie septentrionale du Labrador même, ou les territoires de la Baie d’Hudson, à l’ouest de ce pays,) et le voyage de Scalve pourrait bien être aussi imaginaire que sa prétendue découverte.

Vingt ans après le voyage vrai ou prétendu de Jean Scalve, c’est-à-dire en 1497, un Vénitien, nommé Jean Gabot, ou Gaboto, accompagné de ses trois fils, qui avait armé aux frais, ou du moins sous l’autorité de Henry VII, roi d’Angleterre, reconnut l’île de Terre-Neuve, et une partie du continent voisin ; mais suivant les meilleures autorités, il ne débarqua en aucun endroit ni de l’île, ni du continent.

En l’an 1500, un gentilhomme Portugais, nommé Gaspar de Cortereal, visita toute la côte orientale de Terre-Neuve, et parcourut une bonne partie de celle de Labrador. Ce voyageur mit pied à terre en plusieurs endroits, et imposa des noms dont quelques-uns subsistent encore, du moins dans les anciennes cartes de ces parages ; mais il ne fit aucun établissement.

Vers le même tems, ou quelques années après, des pêcheurs Basques, Normands et Bretons, commencèrent à faire la pêche de la morue, sur le grand Banc de Terre-Neuve, et le long de la côte