Page:La Boétie - Œuvres complètes Bonnefon 1892.djvu/89

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4 ESTIENNE DE LA BOÉTIE .l fouuent que nous;obeiiïions à la force ;.`il·elt befoin de temporifer, nous ne pouuons pas toufiours eftre les pluslforts. Doncques, ii vne nation eft contraintepar la force de la guerre deferuir à.vn,·comme'la cité-. d’Athenes aus trente tirans, il ne fe faut pas esbahir 5f qu’elle ferue, mais fe plaindre de l’accident.; ou bien pluitoft ne iiesbahëir ni ne `ûen plaindre, mais porter le mal patiemment &Èfe refe1·uer`à.l’aduenir â meilleure fortune. · . ' _ Z U g · î ` ` ` . Noltre nature eit ainfi, que les communs `deuoirs ro de l’amitié emportent vne bonne, partie du cours de noitre vie; il eit raifonnable d’a‘imer laîvertu, d’eftimer les beaus faiéts, dè reconnoiltre le bien d’où l’on 1’a receu, ôt diminuer fouuent de noftre aife pour aug- menter l’honneur & auantagede celui qu’on' aime lâ & ui le merite.`Ainli donc ues ii les habitans d’vn q q 7 païs ont trouué quelque grand perfonnage qui leur ait monitré par efpreuue vne grand"p1·eueoiance`pour' les gardergvne. grand’ hardieffe pour les defendre; vn grand foing pour les gouuerner;A ij, de là en auant, 25 ilsûappriuoifent de lui` obeïr & Ben lier tant que deÉ lui donner quelques auantages,Zie ne fçay li ce feroit fagelïe, de tant qu’on l’oite de là où il faifoit bien, _ VARIANTES · _ _ 6. « ains fe plaindre —» (R.—M.). 20. afidelà enauantils Pappriuoi-r 11. « emportent bonne partie » fentdeluy obeirêzfefiertant de luy, (R.-M.); · quedeluydonnerquelqueauantage· 12. `«`c_ft bien raif0nnable» (R.·M.) (ie nefçay fi ee fera fageffe de l’0t'ter rg. « de c0n0iItre~le bien ». delà où il faifoit bien pourl'auancer» 14. « diminuer fouuent noftre- en vn lieu où il pourra mal‘faire),` aife >> (R.¢M.). · maisjl ne peut faillir d’y auoir de la' 18. « grandeprouidencw (R.·M.)` bontédu coltêdeceux qui l’esleuent,` rg. « pour les garder, grande hair- de ne craindre point malde celuy de` diefTe». · . . Y qui on n’a receuquc bien » (R.-M.)?