Page:La Boétie - Discours de la servitude volontaire.djvu/165

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sommes en cela tous d’accord que l’Église fasse commémoration du mort et prie pour lui en ses prières, aux services accoutumés et ce dans le temple seulement ; mais à tous également et sans rien prendre, ni plus ni moins, pour les pauvres que pour les riches, et sans en être requise, mais de soi-même, pour faire ce qui est en elle. Et serait bon de n’approuver aucun légat pour faire faire service aucun en l’Église ; ainsi, pour éviter tout soupçon de gain déshonnête et ne profaner la chose sainte par le commerce, faire également pour tous règle prise sans aucune distinction. S’il se faisait ainsi, serait-ce pas du tout fermer la bouche à la calomnie ? On commencerait donc à trouver bonnes les raisons comme elles sont qui montrent que les oraisons pour les morts sont pleines de piété, et au contraire l’autre opinion inhumaine et accompagnée d’irréligion et d’une cruelle ingratitude. Au reste, en ce faisant, attendons que de tout on se rangeât à même opinion peu à peu, car les maladies de l’esprit ne se guérissent point autrement. Il n’y aurait aucun qui se put offenser, car personne ne serait contraint de faire prier Dieu pour les morts, de tant que l’Église d’elle-même prierait, ni de faire emporter le corps hors de la maison avec chants funèbres, quand il serait en sa puissance d’ensevelir son mort.