Page:La Boétie - Discours de la servitude volontaire.djvu/171

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et quand il ne le ferait pour la conscience, encore le ferait-il pour la conservation de sa puissance, voyant en ce royaume sa supériorité si fort ébranlée, même quand on l’avertira que par même moyen la nouvelle Église sera rompue et autrement il est malaisé ou plutôt impossible.

Voilà quant au premier point par qui sera faite cette réformation.

Reste l’autre, qui est la plus difficile : comment on pourra [parvenir](¹) à exécuter cette réformation.

En toutes choses qui concernent l’administration de quelque charge, soit en la police temporelle, soit en l’ecclésiastique, l’établissement de bonnes lois, c’est le moindre, mais la provision de ceux qui doivent administrer l’affaire, c’est le principal, et à mon avis le tout. Toutes lois sont mortes et se laissent corrompre et tirer en autre sens, et souffrent être renversées. Bref, elles ne se peuvent [si bien] défendre, que les mauvais ne prennent moyen et argument d’elles-mêmes pour faire les plus grands maux. Tout va donc à faire de bonnes lois vives, c’est-à-dire à faire bonne eslation de personnages suffisants, pourvus de bon entendement et de probité. Ainsi il n’y aura aucune espérance si les évêques ne sont secourus. Ils ne se sauraient démêler de ce trouble. On n’a pas prévu ce danger et