Page:La Boétie - Discours de la servitude volontaire.djvu/55

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DISCOURS
DE LA
SERVITUDE VOLONTAIRE (¹)





D’avoir plusieurs seigneurs aucun bien je n’y voi :
Qu’un, sans plus, soit le maître et qu’un seul soit le roi,


ce disait Ulysse en Homère, parlant en public. S’il n’eût rien plus dit, sinon


D’avoir plusieurs seigneurs aucun bien je n’y voi… (²)


c’était autant bien dit que rien plus ; mais, au lieu que, pour le raisonner, il fallait dire que la domination de plusieurs ne pouvait être bonne, puisque la puissance d’un seul, dès lors qu’il prend ce titre de maître, est dure et déraisonnable, il est allé ajouter, tout au rebours.


Qu’un, sans plus, soit le maître, et qu’un seul soit le roi.


Il en faudrait, d’aventure, excuser Ulysse, auquel, possible, lors était besoin d’user de ce langage pour apaiser la révolte de l’armée ; conformant, je crois, son propos plus au temps