Page:La Chanson de la croisade contre les Albigeois, 1875, tome 2.djvu/557

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l’œuvre : ils chargent sur les charrettes les sarments, le feu, le bois, les torches ardentes, [8560] et conduisent en courant les charrettes vers la ville : on s’arrête au fossé, la paille est allumée et le feu s’étend. Les sentinelles poussent de tels cris d’angoisse, que l’alarme se répand par toute la ville : [8565] tous courent aux armes ; il ne reste fils, ni père, ni homme en état de combattre, ni chevalier, ni comte, ni cousin, ni parent ; tous franchissent les portes par centaines et par milliers, et occupent la place et les attenances. [8570] Les dames et les femmes et les gracieuses jeunes filles portent l’eau et la pierre, disant : « Sainte Marie Dame, en ce jour secourez-nous ! » Les conducteurs des charrettes s’en retournèrent fuyant ; mais les Toulousains trouvèrent en armes et de pied ferme [8575] assiégeants et Français. Entre les deux partis la lutte s’engagea : de lances et d’épées, de lames tranchantes, de dards, de pierres, de moellons, ils se frappent et se combattent de loin et de près, [8580] et carreaux et flèches volent aussi serrés qu’une pluie fine. À Montoulieu est le péril, l’action, la bataille, la lutte sans trêve. La fumée, la flamme, la poussière, poussées par le vent, [8585] pénètrent confondues parmi toutes les défenses [1].

Cependant, d’un commun accord, les assiégeants s’arment, montent à cheval, et s’avancent sur l’esplanade menaçants et audacieux, [8590] criant leur cri de guerre et aussi Montfort ! Ils crient à pleine voix :

  1. Ici et au v. 8623 j’entends batalhas au sens de défenses, retranchements, non indiqué au vocabulaire.