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VIL
VIN
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« la mort vous advaiice, que mises soyez en telles « villUcz comme furent jadis les femmes, quant le ■ i)ervers Damant rcgnoit. » (Percer. IV, f. 135.) — « MieuI.K j’eusse amé avoir la leste couppée que de « estre à telle villité, comme vous m’aviez mise. ■> (Lanccl.ll, 1’. (>i.)

Villon. Miminutif de t) « 7rtin : « Voici donc l’iiis• loire du tour ou phistost des tours d’un villon, « non pas natif de (rance, mais d’Egypte. » (Apol. pour Ilérod. p. IG.’J.)

Villoniser. Insulter :

Mon procureur r.uiUot en scauroit bien que dire, Oui, mon procès ju^’ô tire encor et retire Et depuis seize fois m’a tant vHlonini’t Que je le tiens déjà pour immortalisé. Goujet, Bibl. XIV, p. 11.

Villote. Petite ville. (Monlluc, I, p. 17G.) Villoter. Commettre des vilenies, mener une mauvaise vie : « La femme vertueuse doit tenir « pied ferme en sa maison… sans aler tous les « jours vi/io^er çà et là. » (Fav. Théàt. d’honn. l, p. 388.) — « Comment la femme revenue de y<7/oi « ’ • tance, et brait et puis pour mieulx décevoir son » mari s’en va coucliier. » (De.scli. f. 51’ ».) Villotiere. Femme de mauvaise vie : J’ay long tems souffert vo pechié, Comment m’avez vous reprochié, Quej’estoic trop villolierc. (Descli. f. ôll.j Mademoiselle de Bruyères

Donne prescher (hors l’évangile) A elle et à ses bachelières

Pour retraire ces l’illotieres Qui ont le bec si affilé. (Villon, p. 73.) Vilois. Village : « Se parti de Malifernc, si « comme il fut annuitié, et ciievaucha que de nuit, « que de jour, qu’il vint au vilois. » (Mod. f. 255.) Vilonnie, onie. Vilenie :

Se doit, d’iluec en avant.

Garder de dire vilonnie. (Ms. 7615, f. i35.) Mainte dame, par sa franchise

Fait bien semblant qu’en nule guise Ne voudroit penser vilonie. (Ms. 731S, f. iSO.J Se li home pense à vilonie

En dois savoir qu’il n’aime mie. (Ms. 7318, f. 303. J Vilor. Vilenie ; un mari dit fi sa femme, du trésorier d’un monastère qui la voulait débaucher à prix d’argent :

Et dit que por tôt le trésor

li ne vienne à vilor. (Fahl. p. 71.) Viloter. Mener une vie débauchée : « Comment « femmes faingnent pelerinaige pour viloter et « estre veues. » (Desch. f. 509.) Vilotiere. Femme de mauvaise vie : Quand les petites viloliercs

Trouvent quelque hardi amant

Qui vueille mettre un diamant

Devant leurs yeux, rians et vers, Coac, elles tombent à l’envers. (Cl. Marot, p. 33.) Village. Mauvaise vie : « Tourner à village. » (Valic. 1522, f. 104.)

Viltance, té. Action ; chose vile : S’il ne fust de remanoir viltance Ou reproviers. (Poêt. av. 1300, III, p. DOS.) Et se tu no veus pas

Lessier ta norrelure

Esgarde le pechié

La ville et l’ordure. (Ms. 70 /.î, //, f. 180.) Et par toz cels de montenage

Ce fet cela ou ville abite

Qui contre Dieu me descrite. (Ms. 731S, f. 280.) Eame ne fet ville greignor

Que de vil tenir son seignor. (Ms. 7015, II, f. 170.) Si conchie le cors

Et met l’arme en ordure v

Cest villcz, vanitez

Chaitivetez ordure. (.Ms. 7015, II, f. 1/, 3.) Viltoyer. Maltraiter : « Pourquoy Dieu souffre « sa s.iinle église et ses sacrez ministres ainsi defouler, viltoyer et mépriser. » (Al. Chartier, l’Kspér, p. 3()i.)

Vilfrer. Vautrer : « Tant se villra et tant sailli. » (Fahl. de S. Germ. f. 19.)

Viniaire. Dégâts causés dans une forêt par le vent, la gi’èle et l’ouragan ; du latin vis major. — « Les arbres arrachiez et brisiez sans vimaire… « vimaires est quand l’en puet voir cinq arbres « chaeiz tout d’une vueu. » (D. C. Vimarium.) Viinent. Vivement :

Raoul Torte fu fel, maint homme fist dolent ; Lour avoir lour toUoit et demenoit riment De plaiz et d’achaisons nés espernoit Noiens. (liou, p. 031.)

Vimere, ères. Même sens que Vimaires : " Comme arbre nouvellement planté, les fault appuyer, assurer, défendre de toutes vimeres. » (Rabel. III, p. 4.) — On a dit de gens qui aiment le vin : « Il n’y avoit homme ny femme qui ne fut « subject à ceste vimere. » (Bouch. Ser. I, 28.) Vimpierre. Lie du vin :

Et du vins, soit vinans, ou vert. Se forme et crée une vimpien-e Dont gravelle se fait. (Desch. f. 473.) Vimpilon. Goupillon. (Cotgr.)

Vin. Vin. » Les rois ont souvent défendu l'exportation des vins (Ord. I, 351, 381). - Louis IX l'autorisa en 1256 (Id. 81). - Le roi Jean 1er établit en 1360 l'aide du treizieme sur le vin ; cependant dans la perception de ce droit on avoit égard au moien prix des vins meilleurs, moyens et meudres de chascun pays (Id. 436). - La queue de vin françois qu'on évaluoit selon le moyen pris, environ à treize livres tournois fort monnoie, paioit vingt sols tournois forts pour le treiziesme. (Id.) - Le vin de Bourgogne valoit environ vingt six livres tournois, forte monnoie pour queue, ce qui faisoit pour le treiziesme quarante sols tournois fors. (Id.) - On appeloit vins de Bourgogne tous les vins crûs au dessus du pont de Sens, tant de l'Auxerrois que du Beaunois et d'ailleurs en icelles parties qui viendront par la riviere d'Yonne et se jaugeront à la jauge de Bourgogne. (Id. X, 264.) - Cependant le vin de Beaune n'a pas toujours été compris sous cette dénomination, puisqu'on le trouve taxé à un autre taux que les vins de Bourgogne. (Id. III, 436.) - On appeloit vin françois les vins crus au dessous du pont