Page:La Femme grenadier.djvu/137

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Lavalé aurait pu parler encore une heure sans que je l’interrompisse ; j’avais le cœur gonflé de douleur, j’étais si oppressée que je ne pouvais pleurer. Lavalé me prit les mains et les baigna de larmes ; il fit un mouvement pour nous quitter, qui me tira de l’espèce de léthargie où son récit m’avait jetée. Encore un moment, m’écriai-je, laissez-moi rasseoir mes idées. Je vous conjure de me laisser partir, reprit-il, une voix secrète me dit qu’en restant davantage, je vous compromettrais ; je vous jure que, dût-il m’en coûter la vie, je vous verrai demain. Il s’arracha d’auprès de nous, et fut rejoindre M. Durand, qui l’attendait patiemment depuis deux heures.

Lavalé avait raison de désirer de se retirer. À peine était-il rendu chez M. Durand, que le maire vint