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LIVRE I.

Ne vien jamais ô mort, on s’en dit tout autant.


Ce ſujet a eſté traité d’une autre façon par Eſope, comme la Fable ſuivante le fera voir. Je compoſay celle-cy pour une raiſon qui me contraignoit de rendre la choſe ainſi generale. Mais quelqu’un me fit connoiſtre que j’euſſe beaucoup mieux fait de ſuivre mon original, & que je laiſſois paſſer un des plus beaux traits qui fuſt dans Eſope. Cela m’obligea d’y avoir recours. Nous ne ſçaurions aller plus avant que les Anciens : ils ne nous ont laißé pour noſtre part que la gloire de les bien ſuivre. Je joints toutefois ma Fable à celle d’Eſope : non que la mienne le merite : mais à cauſe du mot de Mecenas que j’y fais entrer, & qui eſt ſi beau & ſi à propos que je n’ay pas cru le devoir omettre.




Un pauvre Bucheron tout couvert de ramée,
Sous le faix du fagot auſſi-bien que des ans,
Gemiſſant & courbé marchoit à pas peſans,