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LIVRE III.


S’il a quelque beſoin, tout le corps s’en reſſent.
De travailler pour luy les membres ſe laſſant,
Chacun d’eux reſolut de vivre en Gentil-homme,
Sans rien faire, alleguant l’exemple de Gaſter.
Il faudroit, diſoient-ils, ſans nous qu’il vécuſt d’air.
Nous ſuons, nous peinons comme beſtes de ſomme :
Et pour qui ? pour luy ſeul ; nous n’en profitons pas :
Noſtre ſoin n’aboutit qu’à fournir ſes repas.
Chommons, c’eſt un métier qu’il veut nous faire apprendre.
Ainſi dit, ainſi fait. Les mains ceſſent de prendre ;