Page:La Fontaine - Fables choisies, Barbin 1692, tome 3.djvu/216

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Quel temps demandes-tu pour ſuivre mes leçons ?
L’homme ſourd à ma voix, comme à celle du ſage,
Ne dira-t-il jamais, C’eſt aſſez, joüiſſons ?
Haſte-toy, mon amy ; Tu n’as pas tant à vivre.
Je te rebats ce mot ; car il vaut tout un livre.
Joüis : Je le feray. Mais quand donc ? des demain.
Eh mon amy, la mort te peut prendre en chemin.
Joüis des aujourd’huy : redoute un ſort ſemblable
À celuy du Chaſseur & du Loup de ma fable.
Le premier de ſon arc avoit mis bas un Daim.
Un Fan de Biche paſse, & le voila ſoudain