Page:La Fontaine - Fables choisies, Barbin 1692, tome 3.djvu/23

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On les avoit contraints de partir ſans argent,
Attendu l’eſtat indigent
De la Republique attaquée.
Ils demandoient fort peu, certains que le ſecours
Seroit preſt dans quatre ou cinq jours.
Mes amis, dit le Solitaire,
Les choſes d’icy bas ne me regardent plus :
En quoy peut un pauvre Reclus
Vous aſſiſter ? que peut-il faire,
Que de prier le ciel qu’il vous aide en cecy ?
J’eſpere qu’il aura de vous quelque ſoucy.
Ayant parlé de cette ſorte,
Le nouveau Saint ferma ſa porte.
Qui deſignay-je à voſtre avis
Par ce Rat ſi peu ſecourable ?
Un Moine ? non, mais un Dervis ;