Page:La Landelle - Le Dernier des flibustiers, Haton, 1884.djvu/256

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vernement envers M. le comte de Béniowski, justifie sa conduite et la vôtre.

La Triomphante chargea de bétail et de riz sous le bon plaisir du roi Capricorne Ier, tout aussi commodément que sous le régime du commandant Frangon, qui fut chansonné à l’Île-de-France par les mulâtresses et condamné à six mois de prison par M. de Ternay, outré d’apprendre que le Fort-Dauphin était occupé de nouveau par un partisan de Béniowski.

Malgré cela pourtant, la paisible possession n’en fut pas disputée à l’aventureux grognard qui, dans la mesure de ses forces, essaya de réaliser les plans gigantesques de Maurice-Auguste Râ-amini, le roi des rois, garnit la côte sud de postes et de fortins, sillonna de routes l’intérieur du pays, entretint de bons rapports avec le conseil institué par l’ampansacabe, et guerroya plus tard contre les Buques de la côte occidentale pour ne point périr d’ennui.

Quant à la modération inespérée de M. de Ternay qui ne pouvait supporter patiemment la reprise du Fort-Dauphin et que l’intendant Maillart du Mesle poussait à des mesures de vigueur, elle résulta forcément de quelques dates fort significatives.

Le terme de dix-huit mois après le départ de Béniowski, reporte au mois de juin 1778 ; or, le 17 du même mois, le premier coup de canon de la guerre d’Amérique fut tiré. La frégate anglaise l’Aréthuse attaqua la frégate française la Belle-Poule, dont la victoire fut d’heureux présage pour le succès de nos armes et l’indépendance du continent américain.

L’écho de ce premier coup de canon remplit les mers. – La grande guerre éclatait.

Aux Indes-Orientales, les Anglais, profitant de l’ignorance où l’on était du commencement des hostilités, se jetèrent à l’improviste sur les possessions françaises de la côte de Coro-