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LA NATURE.

simple membrane vasculaire. Tout cela prouve que le caractère sérial choisi n’est pas suffisant dans cette famille, et qu’il faudra trouver mieux lorsqu’on la connaîtra davantage.

H. de la Blanchère.


LES GÉNÉRATIONS SPONTANÉES

NOUVELLES EXPÉRIENCES DE M. ONIMUS.

La lutte des adversaires et des partisans des générations spontanées serait-elle appelée à se produire de nouveau sur la lice des tournois scientifiques ? Après les célèbres discussions des Needham et des Spallanzani, et plus récemment des Pasteur, des Pouchet et des Joly, verrions-nous un nouveau combattant se présenter les armes à la main ? M. Onimus vient en effet d’entrer dans le champ clos, solidement appuyé par un puissant renfort de bonnes expériences.

M. Onimus a fait construire un appareil très-simple : c’est un ballon de verre, dont le col est muni d’un bouchon en caoutchouc que traversent trois tubes métalliques. Les deux premiers se terminent à l’extérieur parmi robinet maintenant le vide, et par un cylindre de 0m,07 de longueur que l’on peut remplir de coton ou d’amiante. Le troisième tube est encore terminé par un robinet à l’extrémité duquel est fixé un trocart, construit de telle sorte que l’entrée de l’air dans le tube est absolument interdite.

M. Onimus a préalablement introduit dans le ballon 500 grammes d’eau, additionnés de 2 grammes de phosphate d’ammoniaque et de 0gr,050 de sel marin ; il soumet à l’ébullition la solution ainsi formée, et les robinets étant ouverts, la vapeur d’eau s’échappe à l’extérieur ; elle chasse l’air du ballon et des tubes, en même temps que la chaleur détruit tous les germes qui pourraient exister. Quand l’ébullition a été suffisamment prolongée, ou ferme les robinets ; le vide se forme dans le ballon et se maintient parfaitement, ce qui prouve que l’appareil est hermétiquement fermé et que l’air extérieur n’y pénètre pas.

Quand le système a repris la température du milieu ambiant, le trocart est chauffé et introduit directement dans la veine cave ou dans le cœur d’un lapin. Le robinet auquel le trocart est adapté est ouvert ; grâce au vide qui a été fait dans le ballon, le sang s’y précipite, sans avoir subi le moindre contact avec l’air. Quand ou a recueilli de cette façon quelques gouttes de sang, le robinet est, fermé. M. Onimus a pu remplacer le sang par du blanc d’œuf, en ayant soin de n’opérer que sur des œufs frais et absolument intacts. La coque est d’abord lavée avec de l’eau acidulée et l’endroit où se fait la piqûre du trocart est recouvert de collodion, qui en s’évaporant empêche l’accès de l’air, par la pellicule imperméable qu’il laisse en résidu.

Le ballon d’expérience, contient ainsi du sang ou de l’albumine, qui n’a pas subi le coutact de l’air. Il reste à mettre ces substances en présence d’un air dépouillé des germes qu’il peut contenir. Cet air, M. Onimus le fait arriver dans le ballon, en lui faisant traverser les deux autres tubes, remplis d’une épaisse couche de coton cardé ou d’amiante ; L’expérimentateur ne se borne pas à celle filtration, il l’accompagne de l’action de la chaleur. Il chauffe les deux tubes remplis de coton, afin d’être plus certain de la destruction des germes.

M. Onimus se trouve avoir de la sorte, dans un espace clos, des substances albuminoïdes n’ayant éprouvé aucune altération, un liquide qui a été privé de ses germes par l’ébullition, de l’air enfin qui a été filtré sur du coton, et soumis à une température élevée.

Nul germe extérieur n’a pu pénétrer dans le ballon nul germe intérieur n’a pu y subsister ; cependant après un espace de temps de quelques jours, M. Onimus affirme qu’en soumettant le liquide emprisonné à l’inspection microscopique, il y a vu des animalcules, des vibrions et des bactéries.

Ces organismes vivants, se développent plus lentement que dans un liquide semblable laissé au contact de l’air normal ; ils ne sont pas aussi nombreux, ils sont plus pâles et moins mobiles, mais ils se sont développés, et ils existent. Voilà le point essentiel des nouvelles expériences de M. Onimus.

Dr Z…


LES RUINES DE TROIE

ET LE TRÉSOR DU ROI PRIAM.

DÉCOUVERTES RÉCENTES DU Dr SCHLIEMANM.

(Suite. — Voy. p. 181.)

Les ruines amoncelées, dans la série des âges, sur la colline de Hissarlik, forment six couches superposées, comme des étages géologiques : les quatre premières appartiennent aux temps préhistoriques ; les deux autres, plus récentes, nous rappellent l’existence de la colonie grecque qui, vers Pan 70U avant Jésus-Christ, fonda un nouvel Ilion, devint plus tard colonie gréco-romaine, et enfin disparut du sol qu’elle occupait.

De l’examen attentif de ces couches, il résulte que, 1o antérieurement à l’arrivée des Grecs-Iliens, quatre populations préhistoriques, pour ne pas dire quatre nations différentes par leurs mœurs et leur degré de civilisation, se sont succédé sur l’emplacement de Hissarlik.

2o De cet examen résulte encore la certitude, que pendant de longs siècles, des maisons bâties avec des briques crues s’élevèrent sur les ruines (épaisses de 4 à 6 mètres), formées d’énormes blocs de pierre non équarris, qui avaient servi à la construction des demeures les plus anciennes.

3o Que, pendant des siècles encore, des maisons construites avec des pierres reliées entre elles par une terre argileuse, se superposèrent à celles en bri-