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PRÉLIMINAIRE.

eussent fait naufrage sur les côtes de quelque île inhabitée ; dans ce cas peut-être existe-t-il encore quelques individus des deux équipages sur une des innombrables îles de ces archipels. Éloignés de la route parcourue, ils auraient échappé aux recherches, et ne pourraient revoir leur patrie que par l’effet du hasard qui y conduirait un bâtiment, toute ressource leur étant probablement enlevée pour en construire un.

On ne peut néanmoins se refuser d’observer que les sauvages font les trajets les plus longs dans de simples pirogues ; et on peut juger, à l’inspection de la carte, que si les naufragés avaient abordé soit dans une île déserte, soit parmi des sauvages qui les eussent épargnés, ils auraient pu, depuis neuf ans, parvenir de proche en proche dans un lieu d’où ils auraient donné de leurs nouvelles ; car il est probable qu’ils auraient tout tenté pour sortir de cet état d’anxiété et d’isolement pire que la mort. Si l’espérance qui nous reste n’est donc pas nulle, elle est du moins bien faible.