Page:La Révolution surréaliste, n02, 1925.djvu/34

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3a ACTUALITE Communisme et Révolution Dansle numérode Clartédu 15 novembre1924,Jean Berniercommentantle pamphlet« Un Cadavrey, dirigé contreAnatoleFrance,mereprochait: « Vélourderie véri- tablementpluscomiquequ’odieuse dontAragonfitpreuveen écrivant: «// meplaîtquelelittérateurquesaluentà lafois •(letapirMourraset Moscoulagâteuse...»,et publiantdans lenumérodu1erdécembredelamêmerevue,la réponseque je lui adressais,et quevoici: Paris,le 25 novembre 1924. MoncherBernier,il vousa plu de relevercommeune incartadeunephrasequitémoignaitdu peudegoûtquej’ai du gouvernement bolchevique, et.aveclui de toutle communisme. VoussavezpourtantassezqueZ’étourderie n’estpas monfort,et qu’iln’appartientni à un hommeni à un parti de me demanderde.connaîtreou d’ignorerquelquechose. Si vousmetrouvezferméà l’espritpolitiquecl mieux: violemmenthostileà celledéshonorante altitudepragmatique, qui mepermetd’accuserau moinsdemodérantisme idéalceuxqui à la fins’y résignent,c’est,vousn’enpouvezdouter,quej’ai toujoursplacé,queje placel’espritderévoltebienaudelàde toutepolitique.Qu’avez-vous fait,au boutdu compte,fameux hommes d’action,sifiersdenepasvousembarrasser desmoyens, depuisquele mondeestmonde? La révolution russe,vousne m’empêcherez pasdehausserlesépaules.Al’échelledesidées, c’estauplusunevaguecriseministérielle. Jl siérait,vraiment, quevoustraitiezavecun peumoinsdedésinvolture ceuxqui ontsacrifiéleurexistence auxchosesdeVesprit. Je liensà répéterdansClartémêmequeles problèmes poséspar l’existencehumainene relèventpas de la misé rablepetiteactivitérévolutionnaire quij’eslproduiteà notre orientau coursdecesdernièresannées.J’ajoutequec’estpar un véritable abusdelangagequ’ellepeutêtrequalifiéederévolutionnaire. Laterreur,croyez-le, moncherBcrnier,je saisde quoije parle.Il ne m’arriverapas demeprémunircontre l’éventualitéd’ungouvernement communiste en France.Je ne m’appuieni surcefuturbrouillon, ni sur un présentinfâme. Onnepeutpasm’accuserderegarderen arrière.Mesyeux sontfixéssurunpointsi lointain,quepersonne nemepardonnerajamaisma prétentiondérisoire. Voilàpourquoije n’admettraidepersonne,fût-cede vousmême, uneleçonau nomd’un dogmesocial,fût-ceceluide KarlMarx. Amicalement, Loui^AlïAOOV. Berniorla commenlail: Onne sauraits’étonnerde voirun idénlisiedecettesorte fulminercontretoutpragmatisme. Nousretrouvons là unpeu de ceoivueeconflitquePéguyformulaità sa manièreen dressantla mystique contrela politique.Toutesréservesfaites surlemystère, del’avenir,noustouchons là unebonnepartde notredrame. Lemouachisnw d’Aragon,cetteespèred’apostolatde.l’impossibleoùil entendse consumer, nonsansyoûlertoutefois leplaisiracre,secret,du vulicinuleur, auraittoutsonprixsi ledéserts’étendaitencoreà lafacedeDieuauxportesdenos •Mlles. Notrematérialisme ù nous,moncherAragon* notreenragé matérialisme, nes’enlaissepascontersifacilement. D’ailleurs, je ne sachepasquece.regardperdu« fixésur un pointsi lointain«suffise—étoile—à poirevie.Lepragmatisme, estbien « votre» péchémignon,notrePKCIIJÎOMIOINI-::.. El, trouvantquecen’élailpasassezdire,MarcelFourrier Celanoussituelesunscllesautres.Aragon,anarchistepur, se cantonnevolontairement sur leplanculturel.Il combatla culturebourgeoise du dedans.Il préfèreresterdanssoncamp, plutôtquedesejoindraauxennemisdudehors.Nous,surle planculturel,commesurtouslesautres,nousavonsrompules ponts. Avanttout,l’actionde classeimporte,qui,en bouleversant l’édificedumondebourgeois, permettraunetransmutation des valeurshumaines,totale. Nousnepouvons forcerAragon,pusplusquenousnepouvons forcerleslittérateurs bourgeois, à admirer,ni mêmeplussimplementà comprendre laRévolution russe.Devantelle,Aragon éprouvela mêmesaintehorreurquen’importequelautreFr.niçoisdesa classe,bienpensant.Sonanarchisme qui, malgré sonexpression académique — toutcommele fut celuide Barrés—contient,soyonsjustes,unepartimportante demys- ticisme,ne sauraitnousempêcher de leclasserparminos adversaires. Entrelui et nous,et tantqu’il resterasurde tellespositions,questiondeclasse,questionde force. Péguypourl’un, bourgeoispourl’autre,me voilàbien nanti.Et qu’êtes-vous tousdeux,quedeslittérateursbourgeois?

Lespontsrompus,prenezgardea l’abusd’uneimage. 

Lematérialisme, quevousopposezcnîantincmentà l’idéalisme, ne permetl’abandonde rien,pas mêmede cette culture,quel’ignorance seulevousfaitattribuerauxbourgeois. Et c’estparlà où ellevousmanque,quevousvous croyezdesprolétaires» quevoustâchezd’entretenircette abominabledistinctionentreleshommes,vouslesapôtres del’égalité.Uneinsullisance desyntaxeet devocabulaire ne sauraitsuffireà vousrangerparmiles ouvriers. MonsieurFourrier,où voyez-vous quej’éprouveunesainte horreurdela révolution russe? Cesont-Jàdevosexpressions, aussiimpropresqu’étourdies. Je ne veuxpasde vosdemimesures, entendez-vous ? VosMillerandsvalentles leurs. Amontourdevousfairehontedeparlertropvitedeceque vousignorez.Noussommesquelques-uns quine laisserons pas recommencer au profitd’un partipolitique,l’escamotagede 1830.Vousnevolerezpasle peuplelejouroù il y auradusangdansla rue.Vousnel’organiserez pas.Lesvéritablesrévolutionnaires seron là pourvousen empêcher. Ilsvousdemanderont lecomptedetoutevotrevie,ilsdescendrontarmésdansvosconsciences, etc’estaugrandjour,dans la clartédela Terreur,queserontjugés,politiciens et matérialistes, tousceuxquipourdecourtsdesseinset dehâtives résolutions aurontpar uneseulecompromission, uneconcessionmêmeminime, à l’espritde banquiersdontvous voicilesforcenésapologistes, réduitauxproportions d’une simplecriselégalela causeinimitabledela Révolution. L. A. Les Philosophes Us ont construitdesescaliersmagnifiques qui mènent à lavérité.Ilslesontdescenduet quandilsontétéaubas, ilssesontiA(xl’oreille: «C’esttrophaut.»I.aconnaissance deleurintelligence lesa à jamaispersuadésqu’ilsontraison. A chaquepalier,leurimagemort-néen’avaitpas besoin d’eux. Ils sont les censqui ont compris,ils ont vainc; la surprise,ils ont vulgarisél’inconnu. Et soudain.Jetempsa peined’avalerleursaliveet dese regarde]’dansla glace,c’est"l’inconnuquilesconnaît,qui lesdéfigureet nousles rendmoinssensiblesencore,parce qu’ilssont,chauves,parcequ’ilssontbègues,parcequ’ils sontgoitreux,parcequ’ilsont la beautédu diable. Troplongtemps, ilsont ri, rirede vaisselleintacte,d’argentsûrdelui, ilsontri dequelquesmotsmalheureux que despauvresemployaient commeonsetue,poursedéfendre: croire,aimer,rêver. Ilsontéîévolontairement esclavesde cequ’ily avaitde plusbassementhumainen eux,leurraisonleura montré l’inanitéde toutechoseet ils se sont vautrésdansleurs idées. Maisvoicivenirle tempscic<hommespurs,desactes imprévus,îlesparoiesen i’air, deyillusions,desextases, desblasphëivi’-s et de l’amourquirêve,voiciquele feuet le sangretrouventleursplendeurpremière,voici(pieles soulïrances cl lesdéliceshantentà loisirl’âmeet le corps, (picla penséen> plus(leportesà ouvrir,n’a plusà entrer ou à sorliret quedesballesmaladroitestranspercentdans leursboutiquesces « GrandesTêtesMolles»,cesBonnes Machinesà calculer-. F. F. ACTEDE DÉCÈSDEIS1DOHEDUCASSE COMTEDE LAUTRÉAMONT Dujeudi24novembre1S70,à 2 heuresderelevée,acte dedécèsdeIsidore-Lucien Ducasse,hommedelettres,âgé de24ans,néà Montevideo(Amérique méridionale, décédé cematinà 8 heures*, en sondomicile,rue du Faubourg-Montmartre, n’17,sansautresrenseignements. L’actea été dresséen présencede M. .Julcs-Françoïs-Dupuis, hôtelier, rueduFaubourg-Montmartre, n"7, et deAntoineMilleret, garçond’hôtel,mêmemaison,témoinsquiontsignéavec nous,Louis-Gustave Nast,adjointau maireaprèslecture faite,ledécèsconstatéselonla loi, Signé: J.-F. . Dupuis,A.Milleret,L.-G.Nast. Le Gérant .-Louis AHAGOX Imp. Aleneonnai.se,il, rue des Marelieri es, Alcncon