Page:La Revue blanche, t13, 1897.djvu/150

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Poèmes


Avec un nénuphar

Vois, ma chère âme, ce que j’apporte,
La fleur aux ailes d’argent :
Sur le flot en silence la vague
La berçait, rêveuse, dans le printemps.

Veux-tu la rapporter à la maison ?
Attache la fleur sur ton sein, chérie !
Derrière ses pétales, alors sera voilée
Profonde et silencieuse, une vague.

Enfant, prends garde au flot du petit lac.
De rêver là, oh quel péril !
L’ondin simule le sommeil.
Au-dessus les lis badinent.

Ton sein, enfant, est le flot du petit lac.
De rêver là, oh quel péril !
Au-dessus les lis badinent.
L'ondin simule le sommeil !


L’eider

C’est en Norvège que l’eider habite, — là il fréquente les fjords couleur de plomb.

Il dépouille sa gorge de son duvet moelleux, — et construit son nid chaud dans un abri.

Mais le pêcheur du fjord a un bâton noueux et trempé, — il va piller le nid, pille jusqu’au dernier flocon.

La pêcheur est cruel, mais l’oiseau persévère, — il arrache les plumes de sa propre poitrine.

Et de nouveau si on le dévalise, l’oiseau garnit encore sa retraite — dans un coin bien caché.